Il battito romantico de La Mireille inaugura l’Opéra de Lausanne

In un martedì sera agli albori di un ottobre fin troppo caldo per essere definito autunnale, sono andata ad assistere per la prima volta alla Mireille di Charles Gounod, con cui l’Opéra de Lausanne ha deciso di inaugurare la propria stagione. La scelta si è rivelata audace per la minore fama di questo dramma in musica rispetto ad altri, ma al contempo azzeccata e ben riuscita sin dai primi istanti dopo l’apertura del sipario. L’aria frizzante che si respirava fino a qualche istante prima fuori dalle porte del teatro ha presto cambiato intensità e calore. L’incipit de La Mireille non è stato solo l’inizio di una rappresentazione, ma un abbaglio sensoriale. L’elegante visione registica di Bruno Ravella ha trasformato il palcoscenico, inondandolo con la luce densa e dorata del sud della Francia prima ancora che la musica iniziasse a tessere la sua trama lirica. Solo tre ceste in vimini di enormi dimensioni riempivano il palco, ma le scelte cromatiche e di luce sembravano portare con sé il profumo di terra arsa e campi sconfinati. I colori tessono le fila e accompagnano l’intera narrazione, facendo percepire agli spettatori il gelo dei momenti più tragici e il tepore delle scene di festa. A Barbara de Limburg si deve l’eccezionale lavoro scenografico, ben lontano dal didascalico: la scena si presenta essenziale, quasi epurata, consentendo al dramma di consumarsi e agli interpreti di esprimere al meglio la forza nuda del canto e delle emozioni. Con il progredire della narrazione, gli elementi scenici, inizialmente immensi, si ridimensionano. È un rimpicciolimento simbolico attraverso cui i protagonisti smettono di essere mossi come burattini per riappropriarsi della propria umanità, proprio mentre Mireille scivola verso la sua catarsi spirituale. È un viaggio di vertiginosi contrasti che non disdegna forti richiami alla letteratura: la Val d’Enfer pare chiaramente ispirata alla selva oscura di dantesca memoria, così come Caronte che giunge sospeso sulla scena, in un gioco di luci fredde e violente che incutono timore anche nel pubblico, immerso in un abisso buio e claustrofobico dove l’aria stessa sembra farsi gelida e carica di presagi. Nell’attraversamento del deserto della Crau l’impatto sensoriale si intensifica, lasciando emergere forte la solitudine umana: non si assiste semplicemente al cammino di Mireille, ma se ne percepisce la fatica muscolare, la sete bruciante in gola, il peso del sole.
Al centro dell’emozione, sta indiscutibilmente la voce incredibile di Vannina Santoni, ammirevole non solo per le sue qualità tecniche, ma anche per la sua interpretazione viscerale del dolore, con una presenza scenica notevole. Nei passaggi più strazianti, come nel disperato attaccamento alla vita di Je ne veux pas mourir, il suo timbro rimane impresso sulla pelle del pubblico, rendendo tangibile il contrasto viscerale tra la fragilità umana e la potenza luminosa del suo registro acuto.
A fare da contrappunto a Mireille, le voci maschili hanno costruito un’architettura sonora di formidabile tensione emotiva, anche se forse con intensità un pochino inferiore a quella della Santoni. Da un lato, il Vincent di Thomas Bettinger era pieno di tenerezza, con un timbro chiaro e puro che incarnava la speranza, la giovinezza e l’innocenza del vero amore. Dall’altro, l’oscurità minacciosa di Jean-Kristof Bouton nei panni di Ourrias ha gettato un’ombra inquietante, quasi materica, su tutto il palcoscenico. Il culmine di questa collisione si è consumato nella Val d’Enfer, in cui il contrasto tra la purezza lirica e la brutalità cupa ha reso la violenza visibile e ferocemente udibile.
A sostenere la tragicità del racconto c’era la preparatissima Orchestre de Chambre de Lausanne, magistralmente guidata dalla bacchetta di Jean-Marie Zeitouni e con il contributo essenziale e fisicamente partecipe del coro. Il flusso continuo di dinamiche e colori della partitura ha avvolto il pubblico in un abbraccio acustico totale, rendendo materica e tangibile ogni singola emozione che si consumava sulla scena.
La scelta di aprire la stagione con La Mireille, come dicevo, è stata certamente ardita, ma, a sipario ormai chiuso, posso dire che questa messinscena ha compiuto il miracolo di spogliare La Mireille da ogni cliché folcloristico, restituendo un romanticismo di una sincerità viscerale, cruda e profondamente umana. E mentre le porte dell’Opéra si riaprivano sull’aria fresca e pungente di un martedì sera losannese, l’eco del sole abbagliante di Provenza e di quel canto disperato continuavano a bruciare sottopelle.
Giulia Basso
Un mardi soir, à l’aube d’un mois d’octobre bien trop chaud pour être qualifié d’automnal, je suis allée assister pour la première fois à la Mireille de Charles Gounod, œuvre avec laquelle l’Opéra de Lausanne a choisi d’inaugurer sa saison. Ce choix s’est avéré audacieux en raison de la moindre notoriété de ce drame musical par rapport à d’autres, mais en même temps judicieux et très réussi dès les premiers instants qui ont suivi le lever du rideau. L’air piquant que l’on respirait quelques instants plus tôt aux portes du théâtre a rapidement changé d’intensité et de chaleur. L’incipit de Mireille n’a pas été le simple commencement d’une représentation, mais un véritable éblouissement sensoriel. L’élégante vision scénique de Bruno Ravella a métamorphosé le plateau, l’inondant de la lumière dense et dorée du sud de la France avant même que la musique ne commence à tisser sa trame lyrique. Seuls trois immenses paniers en osier habillaient la scène, mais les choix chromatiques et lumineux semblaient charrier avec eux le parfum de la terre brûlée et des champs infinis. Les couleurs tirent les fils de l’intrigue et accompagnent l’ensemble de la narration, faisant ressentir aux spectateurs le froid glacial des moments les plus tragiques et la douce chaleur des scènes de liesse. C’est à Barbara de Limburg que l’on doit ce travail scénographique exceptionnel, bien loin de tout didactisme : la scène se fait essentielle, presque épurée, permettant au drame de se consumer et aux interprètes d’exprimer pleinement la force nue du chant et des émotions. Au fil de la narration, les éléments scéniques, d’abord immenses, se réduisent. C’est un rétrécissement symbolique à travers lequel les protagonistes cessent d’être manipulés comme des pantins pour se réapproprier leur humanité, au moment même où Mireille glisse vers sa catharsis spirituelle. C’est un voyage aux contrastes vertigineux qui ne dédaigne pas de fortes résonances littéraires : le Val d’Enfer semble clairement inspiré de la sombre forêt de Dante, tout comme Charon qui apparaît suspendu au-dessus de la scène, dans un jeu de lumières froides et violentes qui instille l’effroi jusque dans le public, plongé dans un abîme ténébreux et claustrophobe où l’air lui-même semble se faire glacial et chargé de présages. Lors de la traversée du désert de la Crau, l’impact sensoriel s’intensifie, laissant poindre avec force la solitude humaine : on n’assiste pas simplement à la marche de Mireille, on en perçoit la fatigue musculaire, la soif brûlante dans la gorge, le poids accablant du soleil.
Au cœur de cette émotion trône incontestablement la voix incroyable de Vannina Santoni, admirable non seulement pour ses qualités techniques, mais aussi pour son interprétation viscérale de la douleur, servie par une présence scénique remarquable. Dans les passages les plus déchirants, tel son attachement désespéré à la vie dans Je ne veux pas mourir, son timbre s’imprime sur la peau des spectateurs, rendant tangible le contraste charnel entre la fragilité humaine et la puissance lumineuse de son registre aigu.
En contrepoint à Mireille, les voix masculines ont bâti une architecture sonore d’une formidable tension émotionnelle, bien qu’avec une intensité peut-être un brin en deçà de celle de Santoni. D’une part, le Vincent de Thomas Bettinger était empreint de tendresse, avec un timbre clair et pur qui incarnait l’espérance, la jeunesse et l’innocence de l’amour véritable. D’autre part, l’obscurité menaçante de Jean-Kristof Bouton sous les traits d’Ourrias a jeté une ombre inquiétante, presque palpable, sur l’ensemble du plateau. Le paroxysme de cette collision s’est consumé dans le Val d’Enfer, où le contraste entre la pureté lyrique et la sombre brutalité a rendu la violence non seulement visible, mais férocement audible.
Pour soutenir la dimension tragique du récit, on pouvait compter sur l’excellente Orchestre de Chambre de Lausanne, magistralement dirigée par la baguette de Jean-Marie Zeitouni, ainsi que sur la contribution essentielle et physiquement engagée du chœur. Le flux continu de dynamiques et de couleurs de la partition a enveloppé le public dans une étreinte acoustique totale, rendant matérielle et tangible chaque émotion qui se consumait sur scène.
Le choix d’ouvrir la saison avec Mireille, comme je le disais, était assurément audacieux ; mais, le rideau une fois tombé, je puis affirmer que cette mise en scène a accompli le miracle de dépouiller Mireille de tout cliché folklorique, pour nous restituer un romantisme d’une sincérité viscérale, crue et profondément humaine. Et tandis que les portes de l’Opéra se rouvraient sur l’air frais et piquant d’un mardi soir lausannois, l’écho du soleil éblouissant de Provence et de ce chant désespéré continuait de brûler sous la peau.
Giulia Basso
Fotografia di Carole-Parodi








